La maison natale de Sainte Germaine
c’est une métairie du type de toutes celles du pays, nous dit Mme Garnier-Azaïs dans son livre “ Germaine, enfant sans importance”. Elle est construite mi-briques, mi-terre crue, avec toitures de tuiles canal- La tuile a remplacé les lattes-feuilles qui en recouvraient une partie selon un état des lieux datant de 1922. Son entrée ouvre sur le midi; aux alentours, nous voyons des champs et des bois: à l’horizon, s’étend la sombre forêt de Bouconne, autrefois domaine royal, aujourd’hui forêt domaniale: La métairie se situe à environ quinze kilomètres de Toulouse.
Devant la maison et vers l’Ouest, s’étend un vaste terre-plein, sur lequel deux monuments ont été élevés: Une croix en bois sur socle de brique et de pierre, constituant la quatorzième station du chemin de croix qui part de la Basilique- et un édicule “ chapelle-oratoire “ avec une statue de Sainte Germaine, au fond d’un jardin à fleurs. La soupente où dormait Sainte Germaine, on y pénètre par une porte, distincte de celle qui donne accès à l’habitation du métayer: un escalier vétuste conduit au grenier. C’est sous cet escalier qu’une tradition place le lieu où dormait Sainte Germaine, et où elle serait morte, tradition retenue par le procès en canonisation. “ La marâtre la maltraitait fort et ne la pouvait souffrir dans la maison, à cause de ses infirmités; Elle la faisait coucher dans l’étable des brebis, sur des sarments “, dit-on. La deuxième porte de la façade, la porte centrale, ouvre sur un couloir. A gauche, les deux pièces d’autrefois n’ent font qu’une: à la fois cuisine, salle à manger, et chambre à coucher.Une très vieille porte la fait communiquer avec l’étable. Les murs intérieurs sont simplement des murs de briques séchées au soleil. Au fond du couloir, aboutissant à la façade nord: à droite, un petit cellier, à gauche, une petite étable qui se prolonge par un réduit où étaient abrités quelques outils et un peu de fourrage. Que reste-t-il de l’habitation primitive? Il est difficile de le dire... Ce que nous connaissons par un acte officiel, c’est l’état de la métairie en 1623, à la mort de Julien Cousin; visiblement aucune réparation n’avait été effectuée depuis la mort de Laurent, et qui s’explique par la situation précaire de Hugues, son fils. Et aussi de ce même Julien, le petit-fils, décédé, et dont la veuve dut emprunter trois cent livres pour lui faire une sépulture honorable. Que nous dit cet acte d’inventaire: “ La métairie consiste en une salle basse où demeure le métayer, puis une étable basse où tenir brebis, plus une autre joignant la susdite, de là nous sommes venus à un petit pâtis ( enclos ) au derrière de la métairie.
Ensuite, sommes entrés à une salle basse servant de cave. Puis, nous sommes entrés à une salle haute, et de là à un petit grenier et une autre chambre de laquelle nous sommes descendus à une petite fournalière de devant la métairie qui s’en va tomber et est toute ruinée et toute ouverte.” Etait-elle vieille? Elle avait déjà plus d’un siècle à cette date, car nous voyons que vers 1510 un nommé Pierre de Ruppe, procureur au sénéchal, achète une métairie à Pibrac, au lieu dit “ En Galères “; en 1535, il la partage entre ses trois filles dont la plus jeune “ Jeanne” ( Jeanne Laroche ) a épousé Laurent Cousin.Jeanne n’avait pas les bâtiments dans sa part. Elle ne les eut qu’en 1537, date à laquelle ils sont échangés contre une maison sise à Toulouse, rue Pharaon. Au delà de l’acte notarié datant de 1623, nous relevons un acte de donation daté de 1639 de la veuve de Julien, Jeanne Cavalier, à sa nièce épouse de Jean Roux. En 1681, le 4 mai, la métairie quitte définitivement la famille Cousin. Elle est d’abord vendue à Françoise Pérès, boulanger à Toulouse.
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